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Maurice Sendak

Maurice Sendak

Maurice Sendak est né en 1928 à Brooklyn. Troisième enfant d’une famille d’origine juive, émigrée aux États–Uni, il a grandi dans l’insécurité de cette période, marquée par les déportations des juifs et avant cela par la grande dépression américaine. De santé fragile, Maurice était souvent alité. Par sa fenêtre, il observait les enfants et leurs jeux. Il se mit à dessiner et à écrire très jeune, avec Jack, son aîné, sur les enfants du voisinage. À l’âge de neuf ans, ils écrivaient des histoires, les rédigeant à la main et les illustrant, puis les reliant à l’aide de rubans et de couvertures dorées. Il n’a pas beaucoup aimé l’école et a eu tendance à considérer l’enseignement classique comme l’ennemi de l’imagination.

Après avoir obtenu son diplôme de fin d’études, Sendak travailla dans une agence de décoration de vitrines à Manhattan. Il suivit le soir, pendant deux ans, des cours de formation artistique à l’Art Students League of New-York. À son insu, Frances Chrystie fit voir son travail à Ursula Nordstrom, éditrice chez Harper & Row. Celle-ci lui demanda immédiatement d’illustrer une traduction des Contes du chat perché, de Marcel Aymé, où il exécuta de nombreux dessins remarquables en noir et blanc. C’est également elle qui lui proposa, en 1952, d’illustrer le texte de Ruth Krauss, A Hole Is to Dig (Un Trou, c’est pour creuser), dont le succès retentissant permit à Sendak de se consacrer entièrement à l’illustration et de gagner son autonomie. Ursula Nordstrom lui fit découvrir les grands illustrateurs, au contact desquels il développa son propre répertoire graphique. Elle l’accompagna aussi dans ses premières créations personnelles, Kenny’s Window (La Fenêtre de Kenny, 1956), Very Far Away (Loin, très loin, 1957) suivi de The Sign on Rosie’s Door (1960). Les trois héros de ces ouvrages, novateurs dans le paysage de la littérature enfantine, introduisirent une vision originale du monde de l’enfance et de ses souffrances. Dans ces livres, l’importance du texte primait sur l’image, et Maurice Sendak chercha une forme nouvelle pour s’exprimer, dans laquelle les mots et les images fusionneraient.

C’est sous cette configuration, révolutionnant l’art de l’album, que parut, en 1963, Max et les Maximonstres (Where the Wild Things Are), qui obtint la Caldecott Medal malgré les controverses liées à la singularité de ce livre d’images. Ce livre reste, à ce jour, celui qui a été le plus lu et traduit, et celui qui l’a rendu célèbre. Il recevra en 1970, le prix Hans Christian Andersen, la plus haute récompense internationale décernée à un créateur de livres pour enfants. Considéré comme l’un des plus grands artistes de son temps, il reçut d’autres prix prestigieux : en 1983, le Laura Ingalls Wilder Award, de l’association des bibliothécaires américains, pour l’ensemble de son œuvre ; en 1996, la National Medal of Arts des États-Unis et, en 2003, l’Astrid Lindgren Memorial Award.

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