La marche du baoyé

Il ne reste pas grand-chose de la vie de Tiago et de son frère Grand Ouji, de P’pa et M’ma, les fermiers Manké. Un arrosoir, une machine à coudre et un peigne, des objets jetés en vrac sur une carriole de fortune, aux côtés du dernier baoyé, un arbre aux onze fruits juteux, appelé Monsieur B. Les Déracineurs ont tout avalé, jusqu’à la moindre parcelle de leur ferme. Alors, Tiago et sa famille ont dû prendre la route. C’était ça ou crever.

Mais, sur les chemins de sable rouge, très vite, il faut choisir la bonne direction, lutter contre une faim digne d’un barracuda, marcher et encore marcher. Parfois, la nuit, faire fuir les fantômes aussi. C’est ça ou crever. Heureusement, les onze kourés appétissantes et sucrées se balancent aux branches de Monsieur B, pour plus tard.

Ce matin, une kouré a disparu. Onze kourés moins une. Ça fait peu pour tenir sur la route. Surtout que, dans le ciel du désert, des rats plumés lorgnent déjà sur les fruits bleus.

 

Si Tiago déclare avoir plus d’appétit qu’un barracuda, Sigrid Baffert « pourrait avaler un gaspacho de Gulf Stream, dévorer cru un Minotaure avec son labyrinthe, mâcher quelques atolls (puis se curer les dents avec un cèdre du Liban), et happer d’une bouchée un sabayon du Grand Canyon.»

Pour dévorer les mondes de Sigrid Baffert, lisez l’édition des Nouvelles de Polynies et le blog Nouvelles de Polynies

Sur un arbre inversé, rencontre avec Sigrid Baffert.
Un cri tenu, suite de la rencontre avec Sigrid Baffert.

Un baoyé dans Bigre, chronique de Lucie Charrier.

Adrienne Sabrier
Léonore Sabrier
Sigrid Baffert

ean 9782352893721. 9 €
 
Impression en quadrichromie.
 
84 pages. 14 x 19 cm
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Mars 2018.